Les volcans du désert d’Atacama

Rien, rien, pas âmes qui vivent, pas de vie. Le désert d’Atacama nous renvoie à nos images d’une terre morte et hyperaride, d’un amas infini de cailloux où seules la taille et la couleur varient.

La laguna blanca entourée (de gauche à droite) du Sairecabur, du Licancabur, du Puntana, etc. Des volcans culminant entre 5700 et 6000m.

Laguna colorada

Triste me direz vous, cette beauté sèche et morbide.

En réalité, si on ne s’attache pas à décrypter ce paysage et à aller plus loin que ces camaïeux de rouge et de jaunes, on passera à côté de la vrai beauté de cette région exceptionnelle.

L’incroyable réside dans les éco-systèmes qui vivent (voire survivent) dans le désert. La vie est invisible ou presque et pourtant elle est partout. Des micros-organismes qui foisonnent dans les lagunes et les colorent au Flamant rose qui pataugent dans ces eaux salées, en passant par les cactus millénaires, les centaines d’espèces de fleurs qui n’apparaissent que tous les 5-6 ans, le désert le plus aride du monde est rempli de vie. Avec des rencontres magiques comme celle avec ce renard gris de Patagonie à 5700m sur les flancs du Pili ou ces 2 petites viscaches (sorte de croisement entre un écureuil et un lapin) qui nous braquent notre 4*4 au fond d’un canyon, nous avons la chance d’entrevoir les dessous joyeux et vivants de cette esthétique aridité .

Mais comme disent les alpinistes en mal d’efficacité, nous ne sommes pas là « pour acheter du terrain ». Notre acclimatation touristique s’est bien passée, nous sommes motivés pour faire une incursion à haute altitude.

Le Cerro Toco sera notre premier objectif, un ancien volcan extrêmement soufré culminant à 5604m. L’ascension se déroule rapidement, tout le monde est bien acclimaté et c’est avec le sourire que nous atteignons le sommet. On soulignera la présence de magnifiques pénitents (formation neigeuse typique absente dans nos régions). La vue est géniale, un 360° impressionnant sur des dizaines de km à la ronde. Une curieuse impression d’avoir quitté le monde réel, les immenses télescopes que nous voyons renforcent cette sensation. Stars wars? Mordor? Mars?

Pétinence ou pénitents?

Les couleurs du Toco

Tous au sommet!!!

Notre deuxième objectif devait être le Licancabur mais une volonté de sortir des sentiers battus plus l’accueil très moyen des Boliviens qui s’occupent du refuge nous ont poussés à chercher une aventure plus sauvage. Notre attention se tourne sur le Cerro Pili. C’est l’unique sommet de plus de 6000m du secteur (6048m exactement) et comme le licancabur, des vestiges Incas ont été retrouvés au sommet. Sa forme conique parfaite lui donne une super allure et pour ne rien gâcher, son approche nécessite un 4*4 efficace et un repérage attentif pour arriver sur ses flancs. Cela lui confère un caractère réellement sauvage bien excitant.

Le Pili, 6048m. La première a été faite par les Incas il y a plus de 500 ans!!!

Jonasz, toujours au taquet…

Juliette et Jib, eux aussi au taquet!

Bruno et Juliette font les derniers mètres avant le sommet… On est pas en Himalaya mais ça en prend la tournure 😉

L’ascension se déroulera lentement, 1200m de dénivelée en 6h dans un immense pierrier. Bien éprouvant, le rythme est difficile à trouver tant la marche est gênée par la caillasse. A 6000m, le cratère sommital paraît endormi… Nous atteignons le souffle court le sommet. Bien entamés mais super content, le sentiment de hauteur est impressionnant, on semble voir la rondeur de la terre. C’est beau. Un peu saoulé par l’altitude nous tituberons jusqu’au 4*4 avec un bon mal de crâne et un sourire figé. Super souvenir. Une aventure accessible et dépaysante. Merci à Bruno et Juliette ainsi qu’à Rebecca (ma soeur), Jonasz (mon frère) et last but not least mon Papa pour cette aventure.

Les belges à 6048m

Une belle aventure…

2 Comments

  1. Lienard Jean-Claude says:

    Magnifiques photos d’un paysage que j’ai connu il y a 15 ans et que j’espère intact pour toujours….

  2. Mathieu Van Vyve says:

    Aaaaah, ça me rappelle des souvenirs. Tout seul sur mon vélo, j’ai eu le temps de regarder les montagnes avec envie, mais j’étais pas là pour ça 🙂

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